{"id":754,"date":"2020-06-30T08:45:28","date_gmt":"2020-06-30T08:45:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/?p=754"},"modified":"2021-06-18T13:22:03","modified_gmt":"2021-06-18T13:22:03","slug":"gwen-et-le-livre-de-sable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/?p=754","title":{"rendered":"GWEN ET LE LIVRE DE SABLE"},"content":{"rendered":"\n<h2>Le r\u00e9cit (<em>spoilers<\/em> mod\u00e9r\u00e9s)<\/h2>\n\n\n\n<p>Gwen, c\u2019est une jeune femme, une jeune fille plut\u00f4t, d\u2019\u00e0 peine 13 ans si l\u2019on en croit le synopsis. Elle n\u2019est pas tout \u00e0 fait sortie des territoires sauvages de l\u2019enfance, mais la gravit\u00e9 du monde des adultes p\u00e8se d\u00e9j\u00e0 sur elle&nbsp;: elle a quitt\u00e9 sa tribu et a travers\u00e9 seule, d\u00e9sormais orpheline, les \u00e9tendues de sable d\u2019un univers d\u00e9sert\u00e9 par les dieux. Elle trouve refuge parmi des nomades raides et circonspects, drap\u00e9s comme les touaregs&nbsp;; ils vivent terr\u00e9s la nuit dans des abris au creux des dunes, et le jour vaquent \u00e0 leur survie.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/050-065-H-Laguionie-FEMA19-HD_Page_10_Image_0001-1024x623.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-763\" width=\"512\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/050-065-H-Laguionie-FEMA19-HD_Page_10_Image_0001-1024x623.jpg 1024w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/050-065-H-Laguionie-FEMA19-HD_Page_10_Image_0001-300x183.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/050-065-H-Laguionie-FEMA19-HD_Page_10_Image_0001-768x467.jpg 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/050-065-H-Laguionie-FEMA19-HD_Page_10_Image_0001-770x469.jpg 770w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/050-065-H-Laguionie-FEMA19-HD_Page_10_Image_0001.jpg 1275w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>A chaque pleine lune, un \u00eatre de lumi\u00e8re et de fracas rode au-dessus des immensit\u00e9s arides et y abandonne des objets de toutes tailles&nbsp;; nous reconnaissons ici des t\u00e9l\u00e9phones&nbsp;; l\u00e0, des valises&nbsp;; un lit ou un lavabo ; certains plus petits que nature, d\u2019autres tellement monumentaux qu\u2019ils ressemblent \u00e0 de grands navires \u00e9chou\u00e9s au fond d&#8217;une mer disparue. Dans ce paysage d\u2019apr\u00e8s la fin des temps ces accessoires ne sont plus que d\u2019absurdes r\u00e9miniscences, sans autre utilit\u00e9 que celle que les nomades veulent bien leur trouver&nbsp;: une fourchette g\u00e9ante devient percussion, de vieilles malles servent d\u2019abris et de jouets d\u2019enfant, un verre de lunettes est converti en loupe pour allumer un feu.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire nous est cont\u00e9e par une doyenne du clan, une vieille, tr\u00e8s vieille femme de 173 ans, dont la peau semble plus parchemin\u00e9e que le sol du d\u00e9sert. Ses yeux sont deux puits art\u00e9siens emplis de t\u00e9n\u00e8bres, comme si sa longue existence avait us\u00e9 son regard, creus\u00e9 ses orbites.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen_et_le_Livre_de_sable_Roseline-1024x624.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-764\" width=\"512\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen_et_le_Livre_de_sable_Roseline-1024x624.jpg 1024w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen_et_le_Livre_de_sable_Roseline-300x183.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen_et_le_Livre_de_sable_Roseline-768x468.jpg 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen_et_le_Livre_de_sable_Roseline-770x469.jpg 770w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen_et_le_Livre_de_sable_Roseline.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019arriv\u00e9e de Gwen va troubler le tranquille ordonnancement des jours de la tribu. Bien vite elle remarque un gar\u00e7on que la vieille, Roseline, consid\u00e8re comme son fils. L\u2019adolescent au visage lunaire semble handicap\u00e9. Il \u00e9chappe ainsi aux lois du groupe et vagabonde \u00e0 son gr\u00e9, libre et d\u00e9voil\u00e9&#8230; La jeune fille, fascin\u00e9e, se rapproche de lui inexorablement. Les \u00e9v\u00e8nements vont alors se pr\u00e9cipiter (un peu), la menant par des lieux \u00e9tranges encombr\u00e9s d\u2019&nbsp;\u00ab images mortes&nbsp;\u00bb jusqu\u2019\u00e0 de hauts murs ceignant un tout dernier reliquaire de l\u2019ancienne civilisation, oubli\u00e9 au c\u0153ur du d\u00e9sert, l\u00e0 o\u00f9 r\u00e9sonnent des cantiques d&#8217;outre-tombe.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen11-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1110\" width=\"512\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen11-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen11-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen11-768x510.jpg 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen11-1536x1020.jpg 1536w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen11-2048x1360.jpg 2048w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen11-770x511.jpg 770w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Gwen <\/em>nous impose les respirations lentes et profondes d\u2019un monde presque \u00e9teint&nbsp;; on s\u2019y abandonne ou on reste \u00e0 distance, agac\u00e9 par cette fantaisie indolente. Bien que le cadre puisse l\u00e9gitimement \u00eatre qualifi\u00e9 de post-apocalyptique, il ne saurait \u00eatre plus \u00e9loign\u00e9 de l\u2019hyst\u00e9rie survivaliste d\u2019un <em>Mad Max<\/em>, comme de l\u2019\u00e2pre d\u00e9sespoir qui surplombe <em>La Route<\/em>. La fin a eu lieu il y a bien longtemps, si longtemps qu\u2019elle en est presque oubli\u00e9e, et les rescap\u00e9s ne sont pas des barbares enrag\u00e9s ou de p\u00e2les fant\u00f4mes hantant les ruines. Ils vivent simplement, au rythme du sable, absorb\u00e9s par leur existence pr\u00e9caire mais paisible, sans se poser de questions.<\/p>\n\n\n\n<p>Gwen, justement, est <em>celle<\/em> <em>qui pose des questions<\/em>, elle est la jeunesse, le principe perturbateur&nbsp;; elle rompt les tabous, introduit de l\u2019\u00e9v\u00e8nement dans un quotidien immuable, du mouvement dans ce paysage min\u00e9ral, au grand dam de la tribu. Sa confrontation avec l\u2019antique Roseline va inciter cette derni\u00e8re, au cr\u00e9puscule de sa vie, \u00e0 remettre en cause l\u2019horizon born\u00e9 de ses certitudes, et forcer Gwen \u00e0 affronter ses responsabilit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"790\" height=\"250\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/850202_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-765\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/850202_1.jpg 790w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/850202_1-300x95.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/850202_1-768x243.jpg 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/850202_1-770x244.jpg 770w\" sizes=\"(max-width: 790px) 100vw, 790px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2>Un jalon de l&#8217;animation fran\u00e7aise<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous n\u2019en saurons pas davantage, ou si peu, et le film nous abandonne avec sur les l\u00e8vres des questions bien plus nombreuses que les r\u00e9ponses fugaces esquiss\u00e9es au long du r\u00e9cit. Qu\u2019importe, l\u00e0 n\u2019est pas son objectif, ni son int\u00e9r\u00eat. Le r\u00e9alisateur Jean-Fran\u00e7ois Laguionie, comme il le confesse, n\u2019est pas un homme d\u2019analyse et de savant cryptage, mais se laisse porter par son intuition<b id=\"1r\">[<a href=\"#1a\">1<\/a>]<\/b>. Mal connu du grand public, il n\u2019en est pas moins un vieux p\u00e8lerin de l\u2019animation fran\u00e7aise. <em>Gwen, le livre de sable<\/em>, sorti en 1985 apr\u00e8s quatre ans de labeur \u2013 six ans \u00e0 compter de l&#8217;\u00e9bauche du sc\u00e9nario \u2013 fut son premier long m\u00e9trage. Il s&#8217;agit aussi de la premi\u00e8re production d&#8217;importance de son studio c\u00e9venol cr\u00e9\u00e9 avec quelques amis en 1979, La Fabrique ; le m\u00eame qui produira en 1989 <em>Princes et princesses<\/em>, une s\u00e9rie de contes en papier d\u00e9coup\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e pour la t\u00e9l\u00e9vision par Michel Ocelot \u2013 futur auteur de <em>Kirikou et la sorci\u00e8re<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p><em>Gwen<\/em> se situe dans la continuit\u00e9 des exp\u00e9rimentations techniques et narratives de Laguionie \u00e0 ses d\u00e9buts, lorsqu&#8217;il s&#8217;essayait sur ses premiers courts-m\u00e9trages \u00e0 l\u2019animation sur verre ou papier<b id=\"2r\">[<a href=\"#2a\">2<\/a>]<\/b> ; il prit donc le parti de raconter une histoire de fa\u00e7on originale. La volont\u00e9 de la petite \u00e9quipe \u00e0 l&#8217;ouvrage (neuf personnes !) \u00e9tait de produire un film que les adultes appr\u00e9cieraient pour ses qualit\u00e9s artistiques, \u00e0 l&#8217;instar du cin\u00e9ma classique, et non pour ses seules vertus divertissantes. H\u00e9las l&#8217;\u0153uvre ne trouva pas vraiment son public, et le r\u00e9alisateur d\u00fb renouer ensuite pour quelque temps avec une approche plus conventionnelle, \u00e0 m\u00eame d\u2019int\u00e9resser de jeunes spectateurs, comme on peut s&#8217;en rendre compte en visionnant le <em>Ch\u00e2teau des singes<\/em> sorti en 1999.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/real-jean-francois-laguionie.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-900\" width=\"196\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/real-jean-francois-laguionie.jpg 392w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/real-jean-francois-laguionie-238x300.jpg 238w\" sizes=\"(max-width: 196px) 100vw, 196px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>N\u00e9 en 1939, Laguionie est un \u00e9l\u00e8ve m\u00e9ritoire de Paul Grimault, un pionnier du cin\u00e9ma anim\u00e9 d\u2019apr\u00e8s-guerre qu&#8217;il rencontra en 1963 et qui produisit ses trois premiers courts-m\u00e9trages<b id=\"3r\">[<a href=\"#3a\">3<\/a>]<\/b>. Cela ne saurait surprendre les spectateurs familiers du <em>Roi et l\u2019oiseau<\/em>, film d\u2019animation beau et r\u00eaveur r\u00e9alis\u00e9 par Grimault avec le concours du po\u00e8te Jacques Pr\u00e9vert, ayant connut finalement les honneurs des salles obscures dans sa version d\u00e9finitive en 1980 apr\u00e8s une incroyable odyss\u00e9e de plus de trente ann\u00e9es. Emile Bourget, qui travailla avec Grimault sur son long-m\u00e9trage, participa \u00e9galement \u00e0 l&#8217;aventure de <em>Gwen <\/em>en tant qu&#8217;assistant-r\u00e9alisateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait erron\u00e9 de voir dans ce chef-d\u2019\u0153uvre et dans les autres projets lanc\u00e9s \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950 une sorte d&#8217;\u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne anecdotique : les fondateurs du mythique studio japonais Ghibli, Hayao Miyazaki et Isao Takahata, citent <em>Le Roi et l\u2019oiseau <\/em>(ou plut\u00f4t sa premi\u00e8re version, <em>La Berg\u00e8re et le Ramoneur<\/em>) parmi leurs influences majeures<b id=\"4r\">[<a href=\"#4a\">4<\/a>]<\/b>. Ces r\u00e9alisations pos\u00e8rent aussi les fondations robustes d\u2019une animation fran\u00e7aise florissante aujourd\u2019hui, qui pers\u00e9v\u00e8re dans sa volont\u00e9 d&#8217;aborder (parfois) des th\u00e8mes adultes et de recourir \u00e0 des styles diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/le-roi-et-loiseau_02-1-1024x695.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-847\" width=\"512\" height=\"348\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/le-roi-et-loiseau_02-1-1024x695.jpg 1024w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/le-roi-et-loiseau_02-1-300x204.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/le-roi-et-loiseau_02-1-768x522.jpg 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/le-roi-et-loiseau_02-1-770x523.jpg 770w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/le-roi-et-loiseau_02-1.jpg 1197w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans cette seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle \u00e9mergeait au gr\u00e9 de nombreux courts et de quelques rares longs-m\u00e9trages, r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 force d\u2019acharnement en d\u00e9pit de budgets d\u00e9risoires et du m\u00e9pris affich\u00e9 par le cin\u00e9ma \u00ab&nbsp;traditionnel&nbsp;\u00bb, une \u00e9cole fran\u00e7aise qui assumait sa rupture avec les standards de Disney et proclamait sa volont\u00e9 de jeter au loin les corsets \u00e9troits du dessin-anim\u00e9 pour enfant ou du divertissement humoristique. Elle revendiquait \u00e9galement sa totale autonomie vis-\u00e0-vis du film en prises de vues r\u00e9elles, auquel elle estimait ne rien devoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, le succ\u00e8s \u00e9tait loin d&#8217;\u00eatre acquis. Le r\u00e9alisateur et critique Andr\u00e9 Martin d\u00e9crivait en 1957 dans les <em>Cahiers du cin\u00e9ma<\/em> un art sans cesse innovant mais marginalis\u00e9, au bord du gouffre, vou\u00e9 \u00e0 un sursaut d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 ou \u00e0 l&#8217;engloutissement<b id=\"5r\">[<a href=\"#5a\">5<\/a>]<\/b> : \u00ab Il faudrait entreprendre l&#8217;\u00e9tude des probl\u00e8mes pos\u00e9s par l&#8217;attraction perp\u00e9tuelle qu&#8217;exerce le cin\u00e9ma image par image sur une minorit\u00e9 d&#8217;originaux. Il faudrait d\u00e9crire les abandons et les \u00e9checs qui couronnent g\u00e9n\u00e9ralement, en France, l&#8217;\u00e9closion de cette vocation peu favoris\u00e9e, et savoir pourquoi l&#8217;animation demeure une sorte de sp\u00e9cialit\u00e9 condamn\u00e9e, presque inactuelle. [&#8230;] Les conditions peuvent devenir plus qu&#8217;hostiles, les moyens inexistants, il se trouve toujours quelques imprudents pour retrouver l&#8217;image par image. [&#8230;] Le cin\u00e9ma d&#8217;animation ne peut se passer de ces sortes d&#8217;exp\u00e9riences avanc\u00e9es et instauratrices qui lui permettent de ne pas manger inutilement sa fortune, et qui lui offrent une chance, s&#8217;il doit dispara\u00eetre, d\u00e9vor\u00e9 par la puissance de l&#8217;image photom\u00e9canique, de laisser quelques regrets derri\u00e8re lui. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen-le-livre-de-sable.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1046\" width=\"495\" height=\"371\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen-le-livre-de-sable.jpg 990w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen-le-livre-de-sable-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen-le-livre-de-sable-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/gwen-le-livre-de-sable-770x577.jpg 770w\" sizes=\"(max-width: 495px) 100vw, 495px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9fi sera relev\u00e9, et malgr\u00e9 sa discr\u00e9tion <em>Gwen<\/em> constitue une borne milliaire sur cette route cribl\u00e9e d&#8217;orni\u00e8res, signalant la maturit\u00e9 d\u2019une seconde g\u00e9n\u00e9ration d\u2019animateurs fran\u00e7ais ambitieux. Comment s\u2019exprime cette singularit\u00e9 revendiqu\u00e9e&nbsp;? Par le style d\u2019abord&nbsp;: les plans de <em>Gwen <\/em>m\u00ealent de fa\u00e7on inhabituelle animation sur cellulo et gouache sur papier d\u00e9coup\u00e9 selon une technique d\u2019origine hongroise et tch\u00e8que. Les d\u00e9cors et personnages sont peints avec soin, dans des tonalit\u00e9s douces peu contrast\u00e9es. Les protagonistes pr\u00e9sentent souvent des model\u00e9s et des d\u00e9grad\u00e9s qui les \u00e9loignent des figures sans nuances, color\u00e9es par \u00e0-plats, couramment visibles en animation. Malgr\u00e9 d\u2019importantes divergences esth\u00e9tiques, une technique de type <em>cut-out<\/em> assez voisine fut mise \u00e0 contribution notamment par <em>La Plan\u00e8te sauvage <\/em>de Ren\u00e9 Laloux et Roland Topor (ci-dessous), en 1973, qui jouit d&#8217;une notori\u00e9t\u00e9 mieux \u00e9tablie.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Plane\u0300te-Sauvage-3-1024x630.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-769\" width=\"512\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Plane\u0300te-Sauvage-3-1024x630.png 1024w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Plane\u0300te-Sauvage-3-300x185.png 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Plane\u0300te-Sauvage-3-768x472.png 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Plane\u0300te-Sauvage-3-770x474.png 770w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Plane\u0300te-Sauvage-3.png 1200w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Cette approche, d\u00e9laissant partiellement la souplesse de la r\u00e9alisation sur cellulo, n&#8217;est pas sans cons\u00e9quences \u00e0 l&#8217;\u00e9cran. Contrairement \u00e0 ce qu&#8217;affirment quelques spectateurs d\u00e9\u00e7us qui paraissent prendre son rythme pour un d\u00e9faut technique, dans <em>Gwen <\/em>les parties anim\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement fluides, mais elles se voient distribu\u00e9es de fa\u00e7on tr\u00e8s parcimonieuse. Dans certains plans le terme d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;animation&nbsp;\u00bb semble presque usurp\u00e9 tant les images sont statiques&nbsp;; les personnages, \u00e9lanc\u00e9s et maigres comme des baguettes de tambour, sont hi\u00e9ratiques, et l\u2019on chercherait en vain la mall\u00e9abilit\u00e9 dansante d\u2019un ancien Disney ou d\u2019un Tex Avery. M\u00eame les dialogues se font parfois l\u00e8vres scell\u00e9es. Mais ce mouvement minimaliste convient parfaitement \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re contemplative, presque fig\u00e9e, qui baigne le film. Cette cadence alanguie, visuelle autant que narrative, nous m\u00e8ne aux antipodes de la fr\u00e9n\u00e9sie la plus courante, frustrant les habitudes des consommateurs de m\u00e9trages survolt\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Le proc\u00e9d\u00e9 conf\u00e8re aussi \u00e0 <em>Gwen <\/em>une patine plus picturale, rendant quasiment intangible la diff\u00e9rence graphique entre d\u00e9cors et personnages, \u00e0 l&#8217;inverse de l&#8217;animation classique. L&#8217;int\u00e9r\u00eat ancien de Jean-Fran\u00e7ois Laguionie pour la peinture n&#8217;est sans doute pas \u00e9tranger \u00e0 ces visions \u00e9voquant souvent de v\u00e9ritables toiles, lui qui se destina d&#8217;abord \u00e0 la conception de d\u00e9cors de th\u00e9\u00e2tre et acheva en 2011 un long m\u00e9trage intitul\u00e9 <em>Le tableau<\/em>, dans lequel une peinture inachev\u00e9e tient lieu de cadre narratif. Le projet int\u00e9gra \u00e9galement tr\u00e8s t\u00f4t les animateurs Bernard Palacios et Nicole Dufour, recrut\u00e9s pour leur aptitude \u00e0 la peinture de d\u00e9cors \u2013 la seconde se chargea des personnages de <em>Gwen<\/em><b id=\"6r\">[<a href=\"#6a\">6<\/a>]<\/b>.<\/p>\n\n\n\n<h2>Th\u00e9matiques et interpr\u00e9tations<\/h2>\n\n\n\n<p>Les th\u00e8mes abord\u00e9s ne sont pas si novateurs&nbsp;: le passage vers l\u2019\u00e2ge adulte \u2013 ou le refus des r\u00e9signations qui le caract\u00e9risent \u2013, l&#8217;acceptation de la diff\u00e9rence, l&#8217;amour, l&#8217;amiti\u00e9, la perte, l\u2019absence, la religion et la croyance, le dialogue entre jeunesse et grand \u00e2ge, ou l\u2019insurmontable \u00e9tranget\u00e9 du monde&#8230; Mais ces questions sont \u00e0 peine effleur\u00e9es par touches l\u00e9g\u00e8res, des paroles rares et br\u00e8ves, un sourire, un geste. Et, surtout, par des d\u00e9cors parsem\u00e9s d\u2019objets gigantesques, en constant dialogue avec les \u00e9motions qui traversent les protagonistes. Tant\u00f4t myst\u00e9rieux et inqui\u00e9tants comme le d\u00e9sir, tant\u00f4t grandioses et nostalgiques, battus par les vents de la col\u00e8re ou doux comme une amiti\u00e9 inattendue, d\u2019autres fois encore oppressants et d\u00e9routants comme le doute et la peur de l\u2019inconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces paysages saisissants portent \u00e9videmment une forte charge surr\u00e9aliste&nbsp;: les objets aux dimensions incongrues, d\u00e9tourn\u00e9s de leur fonction usuelle, font \u00e9cho aux nombreuses exp\u00e9riences du mouvement \u00e0 partir d\u2019accessoires du quotidien \u2013 on se souvient du fameux <em>T\u00e9l\u00e9phone homard<\/em> de Salvador Dali ou du <em>D\u00e9jeuner en fourrure<\/em> de Meret Oppenheim. Songeons surtout aux <em>ready-made <\/em>imagin\u00e9s auparavant par Marcel Duchamp ou par l&#8217;excentrique baronne Elsa von Freytag-Loringhoven, peut-\u00eatre \u00e0 l&#8217;origine du premier scandale : la soumission \u00e0 un comit\u00e9 d&#8217;exposition d&#8217;un objet usuellement destin\u00e9 \u00e0 soulager les vessies masculines<b id=\"7r\">[<a href=\"#7a\">7<\/a>]<\/b>. L&#8217;urinoir tr\u00f4nant dans une salle de mus\u00e9e cesse t-il d\u2019\u00eatre urinoir&nbsp;? D\u00e9plac\u00e9s, isol\u00e9s, regroup\u00e9s en troupeaux ou en formations g\u00e9ologiques, r\u00e9investis par les nomades, les objets de <em>Gwen<\/em> interrogent \u00e0 leur tour le sens qui leur est conf\u00e9r\u00e9&nbsp;: Que deviennent un radiateur ou une paire de lunettes d\u00e9pos\u00e9s au milieu d\u2019une mer de sable&nbsp;? De nouvelles associations mentales naissent de ce d\u00e9racinement, accentu\u00e9 par le jeu sur les \u00e9chelles.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery aligncenter columns-2\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/262-co-js-duchamp-urinal-04-300x200.jpg\" alt=\"\" data-id=\"873\" data-full-url=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/262-co-js-duchamp-urinal-04.jpg\" data-link=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/?attachment_id=873\" class=\"wp-image-873\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/262-co-js-duchamp-urinal-04-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/262-co-js-duchamp-urinal-04.jpg 700w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" width=\"255\" height=\"198\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Lunettes-Gwen.jpg\" alt=\"\" data-id=\"872\" data-link=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/?attachment_id=872\" class=\"wp-image-872\"\/><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p>Les artefacts qui jonchent le d\u00e9sert constituent aussi un moyen diff\u00e9rent et po\u00e9tique d\u2019\u00e9voquer un temps disparu, en lieu et place des ruines habituelles&nbsp;; ils sont comme les fragments d\u2019un r\u00eave qui s\u2019effiloche lorsque le dormeur s\u2019\u00e9veille \u2013 ou peut-\u00eatre les fragments d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 qui s\u2019\u00e9gare dans le r\u00eave. Notre banalit\u00e9 devient \u00e9tranget\u00e9, \u00e9cho d\u00e9form\u00e9 d\u2019un monde lointain&nbsp;; arrach\u00e9s au substrat culturel qui les a fait na\u00eetre pour \u00eatre plac\u00e9s, orphelins, dans un univers qui n\u2019a plus besoin d\u2019eux, ces choses triviales y acqui\u00e8rent, m\u00eame pour nous spectateurs, l\u2019\u00e9tranget\u00e9 et la puissance de suggestion qui leur faisaient d\u00e9faut, se muant en monolithes \u00e9nigmatiques, et une moto \u00e9chou\u00e9e dans les dunes se pare soudain des myst\u00e8res du Sphinx. Le questionnement sur le passage du temps est in\u00e9vitable : que restera t-il de nos soci\u00e9t\u00e9s dans un, deux ou dix milliers d\u2019ann\u00e9es&nbsp;? Une poign\u00e9e de l\u00e9gendes vagues racont\u00e9es le soir, des superstitions mi-grotesques, mi-effrayantes, quelques rites anciens d\u00e9pouill\u00e9s de leur sens, de pauvres reliques incomprises, livr\u00e9es \u00e0 toutes les interpr\u00e9tations.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"512\" height=\"341\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/moto-Gwen-Roseline.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-892\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/moto-Gwen-Roseline.jpg 512w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/moto-Gwen-Roseline-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Difficile enfin de ne pas entrevoir derri\u00e8re ce d\u00e9cor po\u00e9tique une intention politique&nbsp;: la prolif\u00e9ration absurde et incompr\u00e9hensible de produits industriels issus de notre soci\u00e9t\u00e9 de consommation menace parfois de broyer la vie sobre et fragile de ces nomades sous des masses colossales, en d\u00e9pit de l\u2019absence de but manifeste des apparitions, engendr\u00e9es par \u00ab&nbsp;un monstre aveugle&nbsp;\u00bb ainsi que le d\u00e9crit Gwen\u2026 Le d\u00e9tournement dans une perspective de survie de ces accessoires superflus par les habitants du d\u00e9sert souligne par contraste la vacuit\u00e9 grotesque de leur fonction initiale devenue caduque. La \u00ab&nbsp;r\u00e9v\u00e9lation&nbsp;\u00bb finale de l\u2019origine des objets para\u00eet donner du poids \u00e0 ce postulat critique. Toutefois, l\u00e0 encore, l\u2019\u0153uvre pr\u00e9f\u00e8re la suggestion au discours savant : davantage qu&#8217;un pamphlet, il faut sans doute y voir une traduction de l&#8217;\u00e9lan vers une vie simple et rurale qui poussa Laguionie \u00e0 fuir l&#8217;\u00e9touffement parisien pour le sud des C\u00e9vennes une d\u00e9cennie plus t\u00f4t, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Gwen, le livre de sable <\/em>ne peut que d\u00e9router. Une partie des curieux c\u00e8dera \u00e0 l\u2019ennui dans les cinq premi\u00e8res minutes, et les plus impatients renonceront \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience ou se d\u00e9crocheront la m\u00e2choire \u00e0 force de b\u00e2illements. Certains passages l\u00e9g\u00e8rement vieillots peuvent aussi rebuter. Il serait pourtant dommage de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette \u0153uvre unique qui glisse comme un fleuve calme mais puissant le long de berges sablonneuses, laissant entrevoir sur ses rives noy\u00e9es de brume des silhouettes fantastiques dont nous ne saurons presque rien, mais qui hanteront pour longtemps nos souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><b id=\"1a\">[1]<\/b><a href=\"https:\/\/www.letelegramme.fr\/bretagne\/portraits\/jean-francois-laguionie-maitre-du-film-d-animation-14-08-2016-11181512.php\">https:\/\/www.letelegramme.fr\/bretagne\/portraits\/jean-francois-laguionie-maitre-du-film-d-animation-14-08-2016-11181512.php<\/a><a href=\"#1r\">&#x21a9;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><b id=\"2a\">[2]<\/b><a href=\"http:\/\/www.cinephare.com\/brochure\/laguionie-dossier\">http:\/\/www.cinephare.com\/brochure\/laguionie-dossier<\/a><a href=\"#2r\">&#x21a9;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><b id=\"3a\">[3]<\/b><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/paul-grimault-comme-jacques-prevert-etait-denue-de-pretention-jean-francois-laguionie,99916.php\">https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/paul-grimault-comme-jacques-prevert-etait-denue-de-pretention-jean-francois-laguionie,99916.php<\/a><a href=\"#3r\">&#x21a9;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><b id=\"4a\">[4]<\/b><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Roi_et_l%27Oiseau#cite_ref-Voyage_166_69-0\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Roi_et_l%27Oiseau#cite_ref-Voyage_166_69-0<\/a><a href=\"#4r\">&#x21a9;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><b id=\"5a\">[5]<\/b>MARTIN Andr\u00e9, &#8220;Dessin anim\u00e9 fran\u00e7ais ann\u00e9e z\u00e9ro&#8221;, <em>Les cahiers du cin\u00e9ma<\/em> n\u00b071, mai 1957, p. 36 et p. 94<a href=\"#5r\">&#x21a9;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><b id=\"6a\">[6]<\/b>LAGUIONIE Jean-Fran\u00e7ois, <em>Gwen et le livre de sable<\/em>, Montreuil, Les Editions de l&#8217;\u0152il, La Traverse, 2019 (sortie originale du film 1985), p. 4<a href=\"#6r\">&#x21a9;<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><b id=\"7a\">[7]<\/b><a href=\"http:\/\/authenticationinart.org\/pdf\/artmarket\/Did-Marcel-Duchamp-steal-Elsa%E2%80%99s-urinal-The-Artnewspaper.docx.pdf\">http:\/\/authenticationinart.org\/pdf\/artmarket\/Did-Marcel-Duchamp-steal-Elsa%E2%80%99s-urinal-The-Artnewspaper.docx.pdf<\/a><a href=\"#7r\">&#x21a9;<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"594\" src=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen-VS-Roseline-1024x594.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1126\" srcset=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen-VS-Roseline-1024x594.jpg 1024w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen-VS-Roseline-300x174.jpg 300w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen-VS-Roseline-768x445.jpg 768w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen-VS-Roseline-1536x890.jpg 1536w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen-VS-Roseline-2048x1187.jpg 2048w, https:\/\/www.lamealoeil.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Gwen-VS-Roseline-770x446.jpg 770w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<p>Gwen, c\u2019est une jeune femme, une jeune fille plut\u00f4t, d\u2019\u00e0 peine 13 ans si l\u2019on en croit le synopsis. Elle n\u2019est pas tout \u00e0 fait sortie des territoires sauvages de l\u2019enfance, mais la gravit\u00e9 du monde des adultes p\u00e8se d\u00e9j\u00e0 sur elle : elle a quitt\u00e9 sa tribu et a travers\u00e9 seule, d\u00e9sormais orpheline, les \u00e9tendues de sable d\u2019un monde d\u00e9sert\u00e9 par les dieux. Elle trouve refuge parmi des nomades raides et circonspects, drap\u00e9s comme les touaregs ; ils vivent terr\u00e9s la nuit dans des abris au creux des dunes, et le jour vaquent \u00e0 leur survie. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.lamealoeil.com\/?p=754\">La suite &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/754"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=754"}],"version-history":[{"count":105,"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/754\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3255,"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/754\/revisions\/3255"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lamealoeil.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}